NOUVELLE TECHNIQUE

La mésothérapie sans aiguille : les champs électro-magnétiques

Wolfgang Locquet, président de Wishpro Canada, en collaboration avec Dominique Redureau, physio-cosmétologue et professeur  associé à l’Institut français de physiothérapie attaché à l’Hôpital européen de Paris.

Vous utilisez de plus en plus d’appareillages pour augmenter l’efficacité de vos soins et, comme vous avez dû le constater, ils  deviennent de plus en plus sophistiqués. Au cours des dernières années, nombreuses sont les innovations qui sont apparues sur le marché. Par contre, c’est une toute nouvelle technique qui retient actuellement l’attention de l’industrie… et l’on peut déjà prédire qu’elle va prendre une importance croissante dans vos soins ! On se penche sur LA MÉSOTHÉRAPIE SANS AIGUILLE : l’émulation de l’absorption cutanée grâce à des champs électromagnétiques spécialement conçus à cet effet.

LA PROBLÉMATIQUE DE L’ABSORPTION CUTANÉE

Rappelons d’abord quelques notions élémentaires. Par définition, l’absorption cutanée est l’ensemble des mécanismes qui assurent  habituellement le passage d’une substance (une crème par exemple) appliquée sur la peau, jusqu’au niveau du système sanguin contenu dans le derme, c’est-à-dire la couche profonde de la peau.

Contrairement à une idée reçue, le concept d’absorption cutanée ne se limite pas à la simple introduction d’un produit à la surface de la peau, mais correspond au cycle complet du parcours cutané d’une substance depuis son « entrée » jusqu’à sa « sortie ». Donc, la question qui se pose en pratique est très simple : comment faire pénétrer une substance dans la peau ? Autrement dit , comment contourner la fonction « barrière » de la couche cornée de l’épiderme qui empêche la pénétration de substances intrusives, mais également s’oppose aux fuites d’eau ou d’électrolytes ?

La peau possède une imperméabilité théorique qui n’est pas infaillible et elle peut présenter, dans certains cas, une relative perméabilité. On sait qu’un produit (médicamenteux ou cosmétologique) que l’on souhaite faire passer par voie transcutanée est constitué de molécules actives qui sont savamment incluses dans une formulation (crème, gel, sérum).

Lors du contact de ces molécules avec la peau, l’absorption va se dérouler classiquement en trois phases (imprégnation, remplissage avec égalisation des concentrations, puis absorption finale) qui répondent à des lois physiques assez complexes (Lois de Fick).

C’est naturellement la dernière phase qui est la plus délicate, dans la mesure où il faut tenir compte de deux types de facteurs :

  • Ceux qui sont liés à la peau elle-même (il est plus facile de faire pénétrer un produit au niveau du contour des yeux où la peau est très fine qu’à celui de la plante du pied).
  • Ceux qui sont liés aux principes actifs du produit et qui dépendent en grande partie de leur poids moléculaire (à l’évidence, plus ce dernier est élevé, plus la difficulté est grande). C’est en fonction de ces facteurs que l’on va déterminer le modèle de diffusion le plus approprié.

LES MODÈLES DE DIFFUSION

Il en existe deux :

  •  La diffusion passive
  •  La diffusion forcée

La diffusion passive est un phénomène qui permet d’égaliser des concentrations entre les trois compartiments concernés par les lois de Fick : le donneur (produit), la membrane (couche cornée) et le receveur (la peau). C’est ce qui se produit à chaque fois que l’on
applique manuellement un produit sur la peau. Il pénètre « passivement » puisqu’aucune énergie ne favorise son introduction.
Lorsqu’il existe des facteurs qui empêchent la diffusion passive, il faut recourir à la diffusion forcée qui, comme son nom l’indique, est destinée à « forcer le passage » au niveau de la couche cornée de l’épiderme.

Les moyens utilisés portent le nom de « promoteurs  d’absorption » et sont de deux types :

  • Soit chimiques (les systèmes auto-organisés comme les liposomes en sont constitués et donc, un excellent
    exemple).
  • Soit physiques (par apport contrôlé d’une énergie externe).

C’est précisément ce dernier type de diffusion forcée qui est souvent décrit sous le nom de « mésothérapie sans aiguille » puisqu’elle correspond assez bien au concept originel du Docteur Michel Pistor, inventeur de la mésothérapie en 1952, dont le principe était : « injecter peu, mais au bon endroit ». La diffusion forcée reprend ce postulat, mais en remplaçant l’injection par une émulation de l’absorption cutanée. Parmi les promoteurs d’absorption physiques, l’un des plus récents et probablement des plus prometteurs est la magnétophorèse dont on va beaucoup entendre parler.

 

LA MAGNÉTOPHORÈSE

Cette technique a été mise au point par une équipe de Philadelphie qui a publié le résultat de ses recherches en janvier 2008 (« Proceedings of the National Academy of Sciences »).

Au départ, il s’agissait d’organiser un transport de cellules endothéliales par des champs magnétiques. Cette technique était destinée à la thérapie cellulaire ou génique. En fait, il s’agissait de mener des cellules saines vers une cible vasculaire après les avoir chargées de particules métalliques, puis de guider leur déplacement par un champ magnétique approprié.

Depuis, la technique a été reprise par des chercheurs israéliens qui ont beaucoup travaillé pour la faire évoluer. On est passé du transport de cellules à celui de médicaments, puis, désormais, de produits cosmétiques.

De surcroît , la technologie a été modernisée et, surtout, considérablement simplifiée. En effet, alors qu’au départ, le champ magnétique utilisé pour le transport cellulaire était assuré par un dispositif radiologique de type IRM, nous disposons maintenant de systèmes simples et fiables pour transporter des actifs cosmétiques in situ.

La magnétophorèse est donc désormais un véritable promoteur d’absorption cutanée, simple et efficace, qui permet de favoriser sans danger, la pénétration d’actifs cosmétologiques choisis en fonction de l’effet souhaité.

COMMENT ORGANISER UNE MAGNÉTOPHORÈSE EN PRATIQUE COURANTE

Il faut disposer d’un appareillage qui comporte :

  • un pilote ;
  • une pièce à main ;
  • une tête magnétique.

Naturellement les têtes magnétiques sont choisies en fonction de l’effet que l’on souhaite obtenir au niveau du soin :

  1. Une tête magnétique qui génère des impulsions vibratoires qui sont destinées à permettre une exfoliation de la couche cornée de l’épiderme, pour obtenir une illumination du teint.
  2. Une tête magnétique qui produit des micro-courants de 500 μA qui vont être judicieusement utilisés dans les programmes antirides et raffermissants.
  3. Une tête magnétique destinée à la photothérapie avec des LEDs de 660 nm
  4. Une tête magnétique conçue pour la photothérapie avec des LEDs de 420 nm

Comme on l’a dit précédemment, ces dispositifs magnétiques sont destinés à favoriser la pénétration transcutanée d’actifs cosmétologiques. Ainsi, le soin désiré par l’esthéticienne est facilement réalisable puisqu’à chaque tête magnétique correspond une série de traitements.

Nous sommes désormais à une époque où les soins deviennent de plus en plus technologiques pour satisfaire :

  • D’une part, les professionnels de l’esthétique qui ont le souci d’offrir les meilleures techniques dont l’efficacité est démontrée;
  • D’autre part, les clientes qui exigent des résultats rapides sans devoir se soumettre à des traitements invasifs et douloureux.

C’est la raison pour laquelle les méthodes d’émulation de l’absorption cutanée et les concepts de promoteurs d’absorption par physiophorèse se sont développés avec la rapidité et le succès que l’on sait.

La magnétophorèse répond à toutes ces attentes avec, en plus, une extrême simplicité de mise en oeuvre qui est saluée par toutes les esthéticiennes qui l’ont adoptée pour l’inclure dans leurs programmes.